Après s’être orientée vers le journalisme, Salomé Bonheur nourrit sa fascination pour l’ère de la post-vérité et la détention des savoirs par le biais de ses recherches artistiques. Traversées par la culture de la génération Z, l’actualité, Internet et les réseaux sociaux, ses œuvres critiquent avec humour la politique capitaliste et patriarcale des institutions. L’artiste produit en quantité des dessins réalisés spontanément avec une économie de moyens : stylo de supermarchés et feuilles A4. Elle édite des bandes dessinées en limitant radicalement le coût de production et de diffusion afin d’en garantir l’accessibilité. C’est dans ce cadre qu’elle créé Me Too, une bande dessinée qui laisse “enfin” la parole aux hommes cis après le mouvement féministe ; ou encore Macron Magazine, un cahier de vacances mêlant jeux et informations satiriques sur le gouvernement français. En tant que jeune femme lesbienne, Salomé Bonheur dénonce avec ironie la place occupée par les hommes, en militant pour laisser la parole au genre dominant et développer leur espace culturel.