Morgane DAGORNE

Traversant le mutisme des lieux qui l'entourent, Morgane Dagorne poursuit les séquelles narratives de ses réminiscences d’enfance, entre déménagements et installations dans des quartiers en construction, laissant parfois peu de traces. L’artiste explore la sensation d'abandon, étrangement familière, qu'on retrouve dans toutes les périphéries urbaines. Elle capture l’universalité des espaces du cinéma qui l’a bercée : une lumière nocturne à Los Angeles ou le suspens d'une rue déserte. En photographiant des fragments de lieux quelconques, chaque ville semble se substituer à une autre. En les peignant, Morgane Dagorne se les réapproprie. Le fond vibre sous le motif, filtre la lumière et l’acrylique charge ces lieux de présence. Dans une autre série, le contraste vertigineux d’édifices architecturaux symboles de pouvoir et l’intention que contient un bâtiment à travers sa maquette. Les deux séries se répondent en creux : d’un côté des lieux sans prestige, ignorés des récits ; de l’autre des architectures qui prétendent à l’Histoire. Ce qu’un lieu fait à ceux qui l’habitent et ce qu’un lieu révèle de ceux qui l’ont rêvé.