Florian Leu peint des scènes ordinaires dans des intérieurs domestiques, des moments d’attente, des figures qui lui sont proches et des gestes silencieux. Ce qui l'intéresse n’est pas la narration ou la reproduction de clichés, mais de révéler comment une image familière peut devenir, à travers la peinture, un lieu de présence. L’artiste travaille à partir de photos issues de ses archives familiales ; des photos déjà chargées en mémoire, en affect et en histoire. Au-delà de peindre des personnes qui lui sont proches, il peint des relations, des liens d’amour dans leurs expressions pudiques et silencieuses. En les peignant, Florian Leu cherche à les rendre visibles, à les préserver de l’oubli et d’une forme de négligence. Sa recherche picturale est une forme de résistance face au flux contemporain d’images, qu’elles soient photographiques, générées par intelligence artificielle et partagées sur les réseaux sociaux. Dans un régime visuel où les images s’accumulent et se consomment, la peinture conserve un rapport différent au temps. Plus lente, elle tend à rendre le moment plus dense par la recherche de texture, de geste, de couleur et de lumière. Florian Leu révèle l’épaisseur temporelle d’un temps qui dure, plutôt que d’un temps qui passe.