Le travail de Cosima Gentemann explore le corps comme un territoire de fantasme où désir, intimité et étrangeté se mêlent. À travers le dessin, la peinture et la gravure, elle inscrit ses images dans une esthétique de l’érotisme grotesque. L’artiste dessine à partir de photographies dans lesquelles elle se met en scène, sous la forme d’autoportraits ou en invitant un tiers à la photographier. Ses peintures et gravures rejouent des postures qui renvoient aux codes de l’imagerie pornographique, dans un décalage comique entre la réalité du corps et le fantasme. En jouant avec les frontières esthétiques de l’obscène et de l’obsessionnel, ces images cherchent à confronter le spectateur à ses propres réflexes de désir. Cosima Gentemann dessine et peint au pastel à l’écu, au fusain, à la craie et au carré Conté. Des outils salissants, parfois difficilement contrôlables, qui se diffusent, s’étalent et se répandent. Le geste d’étalement qui construit l’image fait lien avec les gestes de la chaire et des corps représentés : la caresse, le frottement, le toucher, etc. Quelque chose de théâtral dans le traitement des images fait écho au sujet de ses recherches graphiques. Les superpositions de couches, de mélanges de matières et de dépassements collent à la peau de l’artiste, la tachent, et « salissent » son enveloppe comme son environnement.