Des pierres et des hommes Un projet de Houssem Harrak & Achraf Saadi

Résidences aux Beaux-Arts de Marseille et en partenariat avec les Ateliers sauvages

Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, l'association Parallèle, L'École(s) du Sud et quatre partenaires du réseau MIRAMAR -l'Académie Libanaise des Beaux-Arts, le centre DARET, l'Institut national des Beaux-Arts de Tétouan, et

Les Ateliers Sauvages - s'associent pour porter Une Relève Méditerranéenne. Exposition collective et transdisciplinaire, Sur la frontière du temps rassemble 16 artistes méditerranéen·nes émergent·es, et prendra place du 21 mai au 9 août 2026 à Marseille sur le 5e plateau de la Friche la Belle de Mai. Une programmation publique sera associée.

Dans ce cadre, les Beaux-Arts de Marseille accueille Houssem Harrak et Achraf Saadi, en résidence, en partenariat avec les Ateliers sauvages. Anouch Basbous, diplômée des Beaux-Arts de Marseille en 2025, participe également à l'exposition.   Pour leur résidence à Marseille, Houssem Harrak & Achraf Saadi proposent le projet Des pierres et des hommes, une recherche commune sur la relation entre la matière rocheuse, les transformations humaines et les modalités selon lesquelles le corps et le lieu se déplacent à travers la mer. Ce projet s'inscrit dans la continuité des résidences réalisées aux Ateliers Sauvages à Alger et à la Villa Dzair à Annaba.    

Leur travail se construit à partir de l'étude des pierres extraites des carrières de Chetaïbi, une zone côtière et un espace chargé d'histoire. Les roches portent encore les traces du travail et les fissures du temps. Chetaïbi n'est pas seulement un site géologique, c'est aussi l'un des points les plus étroitement liés aux traversées irrégulières de la Méditerranée. La harga fait partie du quotidien du lieu : barques qui disparaissent, tentatives de passage, récits suspendus entre espoir, risque et perte. Cette réalité ne constitue pas un simple arrière-plan, c'est une composante structurelle de l'expérience spatiale vécue par les artistes. Dans ce sens, le trajet des pierres de Chetaïbi vers Marseille s'inscrit dans un cheminement parallèle à celui des corps qui tentent la traversée.

Chaque pierre transportée porte une trace matérielle de fracture, tout comme chaque corps porte la trace d'une tentative ou de l'expérience de passage. Le transport des pierres cesse d'être un geste technique : il devient la matérialisation d'une autre migration, un déplacement lourd, arraché, incertain. Que devient une pierre lorsqu'elle change de rive ? Est-ce qu'elle se transforme dans un nouveau contexte ? Ce sont les mêmes questions qui sous-tendent le mouvement des humains à travers la Méditerranée.